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Portrait d’artisane : Lauranne Saliaris

Ce coffret pour la fête des mères, j’ai souhaité le rendre encore plus humain cette année 2022, en allant à la rencontre de, non pas une mais trois femmes céramistes.

Trois femmes complètement différentes, dans leur être et leur univers, mais dont le point commun est de jouer avec la matière, lui donner vie, façonner leur existence au travers de la terre, l’eau et le mouvement.

Dans la démarche qui est la mienne de consommation responsable et réfléchie, j’ai eu le plaisir de me rendre compte qu’autant de talents résidaient autour de moi : ces 3 femmes sont toutes à moins de 40km de mon atelier !

Allier leur travail aux coffrets me ravit et je les remercie de me rejoindre dans ce projet artisanal commun et féminin.

Lauranne Saliaris est l’une d’elle

Faisant partie des Artisans des métiers d’art, de Terres de Provence qui est partie prenante du Collectif national des céramistes, … L’expérience de Lauranne Saliaris n’est pas à prouver mais se constate d’un simple coup d’œil dans l’aisance qu’elle a, à graver chacune de ces réalisations, si minutieusement, si amoureusement.

En passant dans son bel atelier, vous tomberez en admiration sur la diversité de motifs imaginés et dessinés par Lauranne.

« Quand je travaille au tour, j’entre en méditation, mais c’est aussi un métier physique, ça part du ventre, des tripes, on est zen… Tout en étant très tendue. C’est aussi pour cela que lorsque j’ai fini, je suis contente alors d’entrer en phase de décoration, comme un second souffle, même si le sgraffitage ne demande pas le droit à l’erreur ».

Car, pour appliquer son décor, elle doit recouvrir ses pièces d’un engobe de grès brun qu’elle sgraffite (elle gratte) à l’aide d’un outil pointu. Cet engobe est un revêtement mince à base d’argile délayée qui prend cette couleur quasi noire après une 2e cuisson.

Elle cuit donc les pièces deux fois, et il est vrai que cette phase de décor est sa préférée : elle se sent plus épanouie et totalement entière.

L’émail reste un contraste qui vient soutenir ce travail graphique, et c’est ce superbe bleu canard que nous avons choisis de vous proposer dans le coffret à venir.

Car c’est ensuite à partir de là que naissent ces motifs très graphiques, très répétitifs, qui lui sont inspirés des imprimés textiles. Elle essaye de retrouver et reproduire la notion de motifs sur la terre, comme deux mondes qui se rencontrent. C’est une méditation qui demande toutefois une concentration extrême : si un trait part de travers, il faut tout regratter et tout refaire, tout recouvrir et recommencer.

Perpétuer cette pratique ancestrale a quelque chose de vertigineux, même si chacun s’exprime à sa manière « On part de rien, d’un bout de terre et notre seul outil c’est la main en réalité« . Cette humilité face à l’artisanat le plus ancien, n’en reste pas moins un challenge passionnant, encore plus quand les céramistes mettent leur savoir-faire au service de leurs émotions, comme Lauranne.

 » Il faut avoir un geste sûr et franc et tant pis si le trait n’est pas droit, ça fait partie du jeu, laisser sa part d’imperfections… Chaque pièce prend son identité dans ses erreurs et ses traits. »

Lauranne saliaris

C’est l’une de ses « sgraffites » si minutieusement gravées et travaillées que nous vous proposons d’admirer dans le coffret. En attendant de pouvoir tenir sa réalisation entre vos mains, découvrez son site internet.

N’hésitez pas à passer à son atelier-boutique, 28 place Cabardel, à Pélissanne (13)

Merci encore à Lauranne pour son enthousiasme et son émotion dans ce projet féminin,

Candice

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