Blog

portrait de créatrice : arborescence

Poésie et délicatesse végétale… C’est ainsi que je décrirais le travail et l’univers de Mathilde. C’est beaucoup d’amour qu’elle distille dans ces réalisations avec Arborescence pour vos mariages et autres belles journées ! Mais pas que : tous les papiers ensemencés sont réalisés par ses soins à partir de chutes de papier et découpes restantes. Une démarche qui me plait beaucoup, en plus de vouloir me mettre à fabriquer du papier 😉 Petites attentions pour grandes occasions, marque page, fleurs séchées…Vous ne serez pas insensible à son univers fleuri mais… qui ne s’est pas créé du jour au lendemain. Son parcours est passionnant, preuve en est qu’il est toujours temps de se reconvertir quand le cœur nous parle. Je vous laisse entre de bonnes mains.

Bonjour Mathilde, pourrais-tu te présenter pour les celles et ceux qui te découvrent ? 

Bonjour Candice, merci pour ton accueil et ton partage, je suis Mathilde créatrice d’Arborescence, société qui a vu le jour en 2009, et qui a vécu “plusieurs vie” depuis sa création.

Initialement professeur d’art floral au début de cette activité, j’ai donné des cours sur Lyon et sa région, parallèlement à mon métier de fleuriste durant 5 ans. Puis à la suite de problème de santé, j’ai arrêté mon métier. Le site est devenu un blog, puis depuis 2018 un atelier artisanal ou je mêle maintenant les 3 métiers qui ont fait de moi ce que je suis : l’impression et l’amour du papier, la fleur et le graphisme.

Comment as-tu découvert cette fibre créatrice qui sommeillait en toi, comment s’est-elle révélée ?

J’ai toujours été manuelle depuis petite, toujours touche à tout. Je confectionnais déjà des petites choses (trousses, bracelets de perles, petits bouquets de fleurs ramassées pour les vendre à mes copines d’école). La création a toujours fait partie de ma vie. Je l’ai concrétisée à 18 ans en devenant fleuriste, métier que j’ai exercé durant 17 ans avec passion.

Que trouves-tu de spécial dans ton domaine de prédilection qu’est la papeterie d’événements ? Tu intègres également des fleurs séchées dans tes compositions, comment t’inspires-tu ? Enfin, tu as une deuxième casquette dans ta vie d’entrepreneuse, voudrais-tu nous en dévoiler d’avantage ?

Mes inspirations sont très liées d’une part à mon expérience. C’est durant les préparatifs de mon mariage que j’ai ressenti le besoin de partager, vendre mes créations. Mon site devenu blog après l’arrêt de mon activité de fleuriste ne comblait plus ma “soif de créativité”, j’avais besoin de retrouver “mes mariées” que j’avais bichonné pendant des années, et m’occuper d’elle comme si c’était mon mariage, me manquait. Au fur et à mesure des collections et des années mon style s’est affiné, je me suis cherchée au début et la fleur dans mes créations est devenue une évidence. J’essaie donc toujours de trouver un lien avec le papier et le graphisme.

Graphisme que je choisi également avec soin oui : suite à mon licenciement, j’ai entamé une reconversion. Je m’occupais déjà de mon site depuis plus de 5 ans. C’est donc tout naturellement que je suis devenue Webdesigner. Aujourd’hui, je m’occupe aussi de la communication d’entrepreneur, comme moi, qui font du fait-main, de créateurs qui ont besoin d’un site internet, d’aide sur le e-commerce ou d’un logo par exemple. Leur venir en aide me fait surtout plaisir. Je crois que me sentir utile dans leur démarche pour vendre et améliorer leur site me fait grand bien.

Avant de donner plus de place à cette activité créative, quel a été ton parcours de vie ? Te prédestinais-tu à cette vie d’entrepreneuse ? 

Je suis fille d’un VRP comme on disait à l’époque : mon papa était commercial et tout le monde disait de lui “qu’il aurait vendu sa mère” tellement il avait le sens du commerce. De mon coté, j’ai fait 20 ans de commerce, j’ai travaillé 3 ans dans une agence marketing et pourtant je ne peux pas dire que ça soit mon “secteur” favori !  Mais je me soigne ! J’essaie de lire des ouvrages qui pensent au “marketing client”, qui respecte justement l’humain et va à l’encontre de tout ce qu’on a appris  jusqu’à aujourd’hui et ça me plait bien. Je suis désormais Freelance et indépendante depuis 1 an et pour rien au monde n’ai envie de retourner dans le salariat même si ça n’est pas facile tous les jours.

La vie d’autoentrepreneuse oblige à être une sorte de mélange entre Shiva et un couteau suisse ! Quels en sont les avantages et les inconvénients selon toi ?

Effectivement en tant qu’entrepreneur, on a pas la vie facile tous les jours. Les semaines sont faites de challenge on dirait. Et pourtant, je n’ai jamais été aussi détendue que depuis que je ne suis plus salariée. C’est moi qui mène ma barque. Alors je dirai que au delà du fait qu’effectivement il faut être partout, se former en permanence (être patron ne s’apprend pas en un jour et on apprend de ses erreurs aussi), c’est une réelle liberté de pouvoir penser son entreprise comme on le souhaite, de faire ses propres choix.

Bien sûr la stabilité financière est un gros point négatif, c’est assez compliqué d’avoir une réelle légitimité auprès des banques par exemple (mais ça on ne l’apprend à personne) et la solitude de l’entrepreneur peut aussi peser si l’on ne met pas en place d’autres routines pour “voir du monde”.

Que retiens-tu de cette expérience et quel est ton prochain challenge ?

Je suis heureuse du chemin parcouru et mon challenge cette année sera de retrouver un chiffre d’affaire acceptable après 2 ans de Covid. Mon atelier déménage bientôt dans un nouveau lieu, en coworking justement pour retrouver des liens sociaux. J’ai hâte de pouvoir profiter de ses changements et de les partager encore plus sur mes réseaux et sur mon site.

Quelle est ta plus grande fierté ou ta plus grande réussite (une rencontre, un événement de vie…) ?

Ma plus grande fierté est d ‘avoir réussi à me reconvertir, à faire aujourd’hui ce qui me plait malgré tous les clichés que j’ai subit durant des années. La petite fleuriste que l’ont a souvent comparé à une “caissière” (il n’y a pas de sous-métier j’ai aussi été hôtesse de caisse plus d’un an), et qui n’a que le CAP a réussi à décrocher l’équivalent du BTS. Dans une société où l’on vous juge beaucoup sur le papier, je suis contente d’entendre certains dire “ah oui quand même, tu partais de loin, on t’attendait pas ici”. 

Enfin, quel est le meilleur conseil que tu aies jamais reçu et que tu transmettrais volontiers à celles & ceux qui nous lisent ? 

Pour finir je dirai qu’on a beaucoup trop souvent l’habitude de juger au CV, aux diplômes, à l’expérience et pas “à la motivation”. Je pense être un des exemples de reconversion à 35 ans passé (oui oui ça aussi c’est dur à plus de trente ans !) qui aide certains à passer ce cap : croire en soit c’est primordial. J’ai mis des années avant de pouvoir exercer ce métier mais je me souviens d’une phrase que l’on m’avait dite au tout début, lorsque personne ne croyait en moi “les plus tenaces et déterminés y arrivent”.

Alors je ne dirai pas que “quand on veut on peut”, il faut aussi parfois quelqu’un sur votre chemin qui vous donnera un coup de pouce, mais l’important c’est de croire en vous et ne jamais baisser les bras. Le travail c’est important, on y passe toute sa vie, autant qu’elle soit le plus agréable possible.

Merci pour ton partage Mathilde qui, j’espère, en inspirera plus d’une qui hésite encore à se lancer ! A bientôt 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *