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portrait de créatrice : Mordoree etla

Le premier portrait de l’année devait être lumineux. Et vous allez vite comprendre le rôle de la lumière dans le travail de Marylène ! C’est le hasard qui a mis ce portrait sur ma route aujourd’hui ! Ou plutôt, une recommandation, un conseil d’une de mes lectrices d’instagram… que je me suis empressée de suivre. C’est ainsi que j’ai découvert le travail de marqueterie de la paille de Marylène, à travers sa marque, Mordorée Etla (« etla » pour « et toutes les autres »). Contrairement au bois, la paille garde un aspect brillant – mordoré – qui confrère aux assemblages une aura toute singulière. A la façon d’un Soulages, même un aplat uniforme de paille reflètera la lumière et ainsi, les créations apporteront une ambiance qui évoluera avec le temps ou leur emplacement. J’ai été happée par l’élégance des pièces de Marylène, ainsi que par leur modernité et c’est donc avec un grand plaisir que je vous propose de lire son portrait. Belle découverte 🙂

Bonjour Marylène !

Qui es-tu : pourrais-tu te présenter pour les celles et ceux qui ne te connaitraient pas ? 

Je suis Marylène, j’ai 44 ans, je suis mariée et j’ai deux enfants de 18 et 15 ans. (Et aussi une chatte de 12 ans, un berger australien de 16 mois et bientôt un deuxième… Après on arrête … ou pas ….). Je profite d’un cadre de vie idéal « campagne à la ville » en Haute-Saône à côté de Vesoul. Je suis directrice de la Maison Départementale des Personnes Handicapées et marqueteuse de paille avec mon atelier MorDorée et toutes les autres, créé en octobre 2020.

Comment as-tu découvert cette fibre créative qui sommeillait en toi, comment s’est-elle révélée ?

J’ai toujours aimé les loisirs créatifs. J’ai fait de la broderie et du point de croix il y a plusieurs années. Et puis j’ai arrêté prise par d’autres activités, les enfants, le boulot, le sport,… Mais depuis quelques années, j’avais envie de retrouver une activité manuelle, créative mais sans trop savoir quoi. Je n’ai pas de don pour le dessin ou la peinture et je ne trouvais pas d’activité qui résonnait.
Et puis j’ai découvert les ateliers Lison de Caunes et la marqueterie de paille lors d’une émission et la fibre créative s’est réveillée… J’ai gardé l’idée en tête quelques mois jusqu’à ce que je décide à me lancer pour mes 40 ans en allant faire un stage chez Lison de Caunes. Depuis je n’ai plus lâché le bistouri.

Que trouves-tu de spécial dans ton domaine de prédilection qu’est la marqueterie ? Il s’agit ici en plus de marqueterie de paille, pourrais-tu nous expliquer la différence ainsi que le travail à apporter, ce que cela implique ?

J’aime la modernité que permet cette technique ancienne et l’accessibilité de cette discipline qui nécessite passion et patience mais pas de machine. C’est la main de l’homme qui façonne. J’aime l’infinité des combinaisons, des couleurs, la douceur de la paille, brillante, chatoyante, iridescente. Le principe est le même que pour la marqueterie de bois, avec la réalisation d’un placage avec incrustation de motifs, sauf qu’on utilise de la paille de seigle, qu’on aplatit, colle et coupe brin à brin pour former une magnifique parure sur du mobilier, des objets de décoration ou des bijoux. Elle peut aussi être associée à tout type de matériau et se travailler avec du bois, du cuir, du verre, du métal,…

C’est une satisfaction de la création à la réalisation.

Avant de donner plus de place à cette activité artistique et créative, quel a été ton parcours scolaire, ton parcours de vie ? Te prédestinais-tu à cette vie d’entrepreneuse ? 

Je n’ai pas du tout évolué dans un environnement ni une formation artistique. J’ai fait des études de droit, j’ai un DESS en droit des interventions sanitaires et sociale des collectivités territoriales, bien loin de la création manuelle !
Après avoir obtenu le concours d’attaché territorial, j’ai travaillé comme responsable d’un service d’aide sociale à l’enfance pendant 10 ans puis chargée de mission au sein de la direction générale du Département avant d’occuper le poste de directrice de MDPH.
En parallèle et après avoir pratiqué la marqueterie de paille en loisirs, j’ai créé « MorDorée et toutes les autres » en octobre 2020 pour pouvoir développer mon activité.
Je n’imaginais pas il y a encore 2 ans en être là où j’en suis aujourd’hui. Mais je ne suis pas qu’entrepreneuse, je continue de travailler à temps plein à la MDPH. De quoi bien occuper mes journées, mes soirées et mes week-ends.

La vie d’autoentrepreneur.se oblige à être une sorte de mélange entre Shiva et un couteau suisse ! Quels en sont les avantages et les inconvénients selon toi ?

C’est exactement ça, il faut être artisan, webmaster, chargé de communication, photographe, juriste, comptable, commercial, prospecteur,…pas facile mais passionnant. Le plus difficile est de trouver le temps de tout faire.

Que retiens-tu de cette expérience et quel est ton prochain challenge ?

C’est extrêmement épanouissant et enrichissant. C’est à la fois une ouverture sur des mondes qui ne m’étaient pas familiers, un accélérateur de vie avec 1000 idées à la minute et 10000 choses à faire, et en même temps un vecteur contemplatif qui permet de se recentrer et de se découvrir. Mon prochain challenge ? participer au prix des métiers d’art 2021 !

Quelle est ta plus grande fierté ou ta plus grande réussite (une création, une rencontre, un événement de vie…) ?

C’est bien sûr ma famille et mes enfants. Mais je suis aussi fière du parcours que j’ai construit jusqu’à oser me lancer dans ce projet.
Le stage à Paris et la rencontre avec Lison de Caunes ont été des moments forts. En partant de la formation, Shan, le collaborateur de Lison de Caunes nous a demandé quelle serait la réalisation qui signifierait qu’on avait atteint notre objectif. Pour moi, il s’agissait d’une tête de lit. Et je l’ai faite, en 2019, 75 heures de travail, quelle satisfaction. Et toutes les étapes suivantes, la création de MorDorée et toutes les autres, la création de mon site internet, et chaque création finalement sont source de satisfaction. Du kiff tout le temps en fait…

Enfin, quel est le meilleur conseil que tu aies jamais reçu et que tu transmettrais volontiers à celles & ceux qui nous lisent ? 

J’ai une certaine force de caractère et une détermination qui m’aident beaucoup à avancer dans mes projets mais plus que d’un conseil dont j’ai bénéficié, j’ai particulièrement apprécié d’être soutenue et je remercie mon mari qui m’a encouragée depuis le début et qui m’a toujours accompagnée dans cette aventure. Alors n’hésitez pas à soutenir la créativité autour de vous, quelle qu’elle soit, car elle fait du bien.
Et puis je voudrais dire aussi qu’il n’est jamais trop tard pour se découvrir un « talent », soyez à l’écoute de la fibre créatrice qui sommeille en vous comme le dit si joliment Candice.

Mille mercis pour tes réponses Marylène et à très bientôt =) 

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