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le ruban

La fin d’année arrive et elle est souvent synonyme pour moi de bilan, de point d’étape, de grandes listes… Je me rends compte toutefois que plus je grandis, moins j’ai besoin de faire un bilan très clair ou précis tel que je l’établissais dans ma tête auparavant. J’ai du passer un cap, à croire que je deviens adulte 🙂

D’un point de vue personnel, cela a été les montagnes russes des émotions. Nous sommes passés de très grands bonheurs, à de très grandes peines. Le printemps et l’été ont vu passer des sourires heureux, de grands éclats de rire, des prises de consciences, des moments de partages et d’amour forts, des renouvellements de vœux d’amour qui marquent les esprits.

L’automne, lui, a amorcé une douloureuse période de tristesse, de deuils multiples, de récidives de maladie… autant de destins qui se pensaient surement à l’abri pour quelques temps. Ce temps nous a rattrapé. Pour certains points, nous étions prêt.es à les accueillir, pour d’autres, la surprise n’a eu d’égal que la violence et le drame auquel nous avons été confrontés. Impuissants, mais spectateurs.

Nous pourrions résumer ceci par le fameux « C’est la vie » qui charrie son lot de bonheur et de tristesse dans un bloubi boulga d’intentions quand l’incompréhensible frappe à votre porte – car à un moment il faut bien passer à autre chose. Mais cela serait si simple d’oublier d’éprouver les émotions qui nous traversent, n’est-ce pas ? Nous peinons parfois à laisser derrière nous…

©JulieFourmont

Pour autant, c’est bien dans ces moments-là que nous partageons nos douleurs et que les vivants que nous sommes, restons… et nous ressentons encore plus vivants.

« Être soudés dans l’épreuve est notre réconfort pour les surmonter » m’a confié ma marraine, elle a doublement raison.

L’être humain a un instinct grégaire, qui nous pousse à nous rassembler et à agir tous ensemble sans pour autant nous être concertés : on connait ceci lors d’émeutes ou de manifestations par exemple. Néanmoins, par nos émotions sincères et positives, ce comportement se transforme en quelque chose de plus grand que nous, de plus beau aussi. Quand cette force collective, cette épiphanie d’un élan commun vers un autre être, envers un moment, une émotion, quand cette force se manifeste, elle nous transporte assez afin que nous puissions en ressentir le moindre atome se disperser dans notre corps mais surtout… entre nous.

Ce lien tant recherché, cette force presque tangible se manifeste comme un ruban entre les êtres humains qui partagent une même émotion. Un moment douloureux comme un moment heureux. Un regard. Un geste. Une pensée. Et cette connexion se matérialise soudain, comme dans les cercles de femmes, fugacement peut-être mais il suffit que chacun l’ait perçue pour qu’elle existe à jamais.

Le souvenir de ce ruban restera, il se façonnera, il nous forgera.

Ce ruban nous permet de nous connecter, de ne pas nous sentir seuls, d’exister pour certains pour la première fois, au sein d’un rite, d’une communauté. Heureux ou malheureux, la Roue de la Vie nous transforme, pose son empreinte sur nos corps parfois, sur notre intérieur surtout, notre énergie aussi. Nous grandissons autant qu’elle tourne, nous avançons à son rythme mais ce lien… ce ruban…

Ce ruban, quand nous parvenons à le faire exister de nouveau – volontairement – il nous redonne corps.

Il peut nous permettra d’exprimer alors un plus grand bonheur, ou au contraire laisser libre court à un désespoir profond, ancien, qu’il faut purger. Qu’il est nécessaire de faire disparaitre, et donc de faire naître au moins une fois. 

Cette force nous dépasse. Elle nous rend vivant. Encore plus, accentuant tout à l’extrême. Dans ces moments difficiles, je veux disparaitre. Dans ces moments de félicité, je veux embrasser et serrer le monde dans mes bras.

J’ai constaté qu’avec le temps, dans les moments douloureux, il m’était moins difficile… d’accueillir. Écouter les autres, simplement, pour laisser filer tout ce qui empêche ce ruban d’exister. Facile à dire tant que je ne suis pas directement concernée. Car dans ces cas-là, quand mes enfants ou mon époux sont au centre de la tourmente, mon être devient une simple enveloppe bonne à me déplacer, ou à pleurer, qu’il ne devient plus forcément nécessaire de nourrir. Je ne suis donc pas un exemple à suivre, je ne me le conseillerais pas à moi-même.  C’est qu’il nous faut parfois un déclic pour rattraper ce ruban...

Ainsi donc, moi qui avais prévu initialement un article sur le bilan de « Cosy Jungle », force est de constater que quelque chose voulait se manifester ici, une envie et surtout un besoin d’écrire, d’énoncer ces montagnes russes… L’écriture m’accompagne depuis petite, une catharsis aussi présente que le tissage…

Parfois je me dit qu’il faudrait que je lève le pied sur le blog, sur cet investissement d’énergie, de temps, de réflexion et de portraits… Mais je ne peux pas m’en empêcher. Il me servira de journal intime comme de découvertes artistiques. Alors… Vous me lirez encore 🙂

Chacun.e à son propre chemin pour retrouver sa place au sein de ce Ruban… Dans ce cercle, qu’il soit religieux, spirituel, chacun.e à sa propre façon d’être en accord avec iel pour prendre le temps qui lui est nécessaire.

Pour se sentir vivant.e de nouveau et réintégrer la Roue.

Transformé.e.

Ce fut donc une année très… VIVANTE

Je vous souhaite des jours heureux en résonance avec ce que vous êtes vraiment 🙂

ps : photo de l’intro ©Julie Fourmont

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