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Portrait de… Marion, ex-« je ne suis pas manuelle » !

C’est un portrait un peu particulier que je vous présente aujourd’hui. Il fait écho à cet article dans lequel j’abordais la notion d’émancipation via le DIY, qui ne doit pas être cantonné à la triviale activité du mercredi avec les enfants 🙂

Je vous présente Marion B. Elle est une copine dans ma vraie vie avec laquelle j’ai réel plaisir à parler tricot, laines, création et pour tout vous dire, nous pourrions en parler des heures !

Je tenais à lui donner de la voix car pendant longtemps, Marion me répétait quelque chose du genre « Ah la la, je t’admire tu sais, moi je suis pas manuelle du tout, je ne suis pas créative, je ne saurais pas quoi faire de mes 10 doigts ! »

Vous commencez à comprendre que ce genre de phrase, je n’y crois pas !

Nous sommes tous.tes manuel.les ! Pas forcément créatif ou créative, attention, bien que cela se travaille et que d’autres aient des facilités de départ, surement ou en tout cas dont l’environnement propice a pu être facilité.

Je sais d’emblée que cette croyance « je ne suis pas manuel.le » existe à cause de croyance erronée que nous autoproclamons pour nous-même, ou que notre entourage a pu annoncer à notre place quand nous étions plus jeune et que nous avons intégré…

Tout le monde n’est pas créatif, mais manuel ça… Nous partons tous avec le même matériel de base : nos mains et nos 10 doigts.

C’est ainsi qu’à force de la titiller, Marion s’est mise au tricot. Je vous dévoile ici notre entretien…

Et vous allez voir le résultat 🙂


Chère Marion,


Je suis très heureuse que tu acceptes de répondre à mes questions ! Je voulais véritablement te mettre à l’honneur dans cet espace car nous nous connaissons grâce à mon autre vie dans l’édition et j’ai eu l’occasion de voir évoluer ton talent dans le domaine du tricot.

Je précise aux lecteurs.rices que, contrairement aux autres portraits que je réalise, tu n’es pas microentrepreuneuse, tu n’es pas artiste à proprement parler, tu n’es pas chef d’entreprise.

Tu tricotes sur ton temps libre.

Ton talent et ta minutie et ta régularité dans les points de tricot sont évidents, car les photos parleront d’elles-même, mais il faut savoir que tu croyais initialement… que tu ne saurais rien faire de tes 10 doigts !!

Je me souviens encore comme tu me disais « ohlala je ne saurais jamais faire ça ! » en me voyant tricoter (péniblement) un bonnet au point mousse aiguille 5…;)
Je tiens donc mettre ton parcours en avant, car il peut en inspirer d’autres qui hésiteraient à se lancer dans une activité manuelle 🙂 Et vu les résultats, vous verrez que ça vaut le coup !

Comment as-tu découvert cette fibre créative qui sommeillait en toi ? Quand et comment s’est-elle révélée ?

Tu n’y es pas étrangère 🙂
Hiver 2017, un matin ordinaire au bureau, j’assiste à l’ouverture d’un colis que tu as reçu, un colis de laine de Maille name is (je me souviens encore de la marque). Je fut émerveillée par les couleurs et les matières. L’envie de les papouiller s’est faite tout de suite ressentir. C’est certainement à ce moment là que j’ai dû te dire « c’est trop beau, j’aimerais tellement moi aussi savoir faire quelque chose avec ces belles matières … »
Les jours qui ont suivi, cette idée ne me lâchait pas, je me disais « si je tentais d’apprendre à tricoter ». Je passais, régulièrement pour aller travailler, devant une boutique de laine, la boutique d’Emma, Ma petite laine. Un samedi matin de janvier, j’ai fini par franchir la porte et ça été le début d’une grande histoire d’amour avec la laine et le tricot.

As-tu eu un déclic ? Un moment où tu t’es dit « ok, je sais faire quelque chose de mes mains » ?

J’ai commencé par la traditionnelle écharpe au point mousse (un très bon exercice pour démarrer), puis rapidement j’ai eu envie de me tricoter des pulls, j’ai pendant plusieurs mois tricotés des modèles à plat (devant, dos, manches). Le rendu final au niveau du point était satisfaisant mais au niveau du tombé j’étais souvent déçue (trop grand ou forme qui ne me convenait pas).
C’est à l’automne 2017 que j’ai voulu me lancer dans le tricot circulaire, tricoter ses pulls en rond, en un seul morceau sans couture. Et c’est là que j’ai eu un vrai déclic. J’ai pris l’habitude de faire ce qu’on appelle un échantillon afin de pouvoir déterminer quelle taille tricoter et à partir de ce moment là, j’étais beaucoup plus satisfaite du résultat final. J’ai commencé à envisager de tricoter des choses plus complexes, les patrons disponibles sur Ravelry, créés par des designers indépendants, précis et détaillés, accompagnés souvent de vidéos YouTube m’ont permis d’apprendre petit à petit de nouvelles techniques.


Saurais-tu nous dire pourquoi tu as privilégié cette technique du tricot, plutôt qu’une autre ? Tu avais testé le punch needle également, il me semble ?

Le tricot est la première activité laineuse qui m’a attiré et elle reste ma préférée.

J’ai en effet testé le punch needle et le crochet mais j’aime moins. Ce que j’aime dans le tricot c’est son côté nomade, il est possible de l’emporter partout, on peut s’y mettre pour 5 minutes comme pour des heures. Les mouvements répétitifs qu’on effectue m’apaisent, c’est un moment pendant lequel les mains s’activent et l’esprit ralentit. Une pause dans des journées parfois bien remplies. Aujourd’hui le tricot contribue à mon équilibre. Un autre point qui fait la différence, c’est de porter ce qu’on tricote. Les projets qu’on réalise viennent compléter notre garde-robe et quelle fierté que de pouvoir porter les pulls, châles, bonnets auxquels on a rêvé et accordé autant d’heures de tricot.

Ces gilets… vous les trouveriez facilement en boutique, non ?!


As-tu des laines, matières, matériaux, patrons, créatrices ou site que tu recommanderai à celles qui voudraient se lancer comme toi ? Ou un petit détail chez un prestataire qui fait la différence ?

En terme de fibre, je pense tout de suite au mohair, c’est un fil que j’aime tant tricoter, en simple, en double ou encore en duo avec un autre fil. J’aime son côté moelleux, poilu, doudou, c’est une fibre réconfortante. De manière générale, j’aime les belles matières… 🙂

En fonction des périodes de l’année j’adapte mon choix de fil, pour la période hivernale, tu l’auras compris, ce sera souvent du mohair doublé avec un autre fil, pour la période estivale, j’apprécie tricoter un fil de merino, ou un fil mélangé, merino coton, merino lin, j’aimerai d’ailleurs beaucoup tester de tricoter du 100% lin. Il semblerait que ce soit la fibre idéale pour nos petits tops d’été … Je trouve que nous avons un grand choix de laines sur le marché, des laines teintes à la main, des laines plus « industrielles », il y en a pour tous les goûts. Voici quelques marques testées et approuvées : Le chat qui tricote, The Woolly Skein, Lain’amourée, Yarneline, De Rerum Natura, Lang, Katia Concept, Knitting for olive, Sandnes Garn ….

Au niveau des designers tricot, là aussi, il y a un grand choix et il y en a pour tous les goûts, J’affectionne particulièrement les modèles et les univers d’Along avec Anna, de Lolilafée, d’Atelier Emilie, de Melody Hoffmann et d’autres bien sûr (mais la liste serait trop longue ;)).

Désormais que tu es lancée, que retiens-tu de cette expérience tricotée et… quel est ton prochain challenge ?

Je ne retiens que du positif !
Oui, il y a eu des projets « ratés » mais ce n’est pas grave … parce qu’un grand point positif du tricot, c’est qu’on peut défaire et refaire. Le tricot m’apporte de la sérénité, il m’apprend à être fière de ce que je réalise, aujourd’hui ces moments de calme font partis de mon quotidien. J’aime me poser mon tricot à la main, un thé à proximité avec un podcast tricot en fond.

Cette activité créative est devenue une vrai passion, j’aime en parler, échanger avec ma maman ou des copines qui partagent cette passion sur mes projets en cours, mes projets à venir, mes envies de laines.

Côté challenge, après avoir expérimenté le tricot en rond, le jacquard, quelques motifs de dentelles, tricoter des modèles en anglais, j’aimerais beaucoup tricoter ma première paire de chaussettes. J’ai tout le matériel nécessaire (laine, minis aiguilles, modèle), il ne me manque plus qu’à me lancer. 🙂


Quelle est ta plus grande fierté ou ta plus grande réussite dans ce domaine ?

Je crois que c’est le premier pull que j’ai tricoté et porté, une marinière assez basique mais quel sentiment de satisfaction, ce moment où on se dit « c’est moi qui l’ai fait et il me va » ! Aujourd’hui, je dirai que chaque projet m’apporte du plaisir, chacun me permet d’apprendre de nouvelles techniques et de progresser. Chaque projet terminé m’apporte un sentiment de fierté et de réussite.

Le fameux pull marinière 😉


Enfin, quel est le meilleur conseil que tu transmettrais volontiers à celles qui pensent qu’elles ne sont pas manuelles ?

Lancez-vous !

Franchissez la porte d’une boutique créative, laissez-vous guider et conseiller. Rien n’est impossible… Si on m’avait dit il y a quelques années que je serais capable de tricoter ce qui me plait, je ne l’aurais pas imaginé. Et pourtant… 🙂
Et je voudrais te remercier Candice, car tu as grandement contribué à mon cheminent créatif. Tes encouragements, ta gentillesse, ta passion m’ont permis de me dire « c’est possible ». Nos échanges laineux sont précieux et toujours très enrichissants.


Merci Marion, pour tes mots et ta sincérité… et tes jolies photos 🙂


C’est un vrai plaisir pour moi de lire le parcours et l’évolution de Marion, tant dans son travail que dans son regard par rapport à elle-même ! Elle s’est lancé dubitative et aujourd’hui… elle m’impressionne, littéralement, à chaque nouvel ouvrage qu’elle me fait découvrir !!

J’espère que cet échange vous a plu, qu’il vous encouragera et qu’il vous permettra de vous questionner : est-ce que je ne suis vraiment pas manuel.le ou bien… est-ce que j’ai peur de mal faire ?! 😉

Vous ne pourrez pas « mal faire », car nous tâtonnons toutes et tous au début d’un apprentissage, c’est bien normal au contraire…

Je ne peux que vous recommander de suivre le conseil de Marion : lancez-vous, testez, expérimentez !

Et revenez me dire ce qui vous a fait vibrer 😉

6 Comments

  • Estampapier

    Je suis totalement fan de ce parcours. Et c’est génial d’avoir eu le courage de se lancer. Je suis impressionnée par les tricoteuses. J’ai aussi essayé avec des bonnes amies, mais très vite j’ai compris que mon domaine était plus le papier que la laine, que j’aime beaucoup pourtant.
    Merci Candice pour ce partage qui donne envie de retrouver mes aiguilles à tricot, peut-être 😉 un jour…

    • cosyjungle

      Elle est impressionnante, n’est-ce pas ? Quelle minutie dans ses points, je reste à chaque fois estomaquée… Le jour où elle nous a dit qu’elle se lançait dans le jacquard, nous lui avons rappelé ce fameux « je ne suis pas manuelle » ! Comme quoi, tout le monde peut se lancer 😉
      Mais je te rejoins, je reste aussi dans mon domaine de prédilection ! ^^ Merci Astrid !

  • LamartineOrzo

    Je suis tricoteuse depuis environ 60 ans, et je suis ravie d’avoir lu ce témoignage. Ton amie devrait venir nous montrer ses beaux tricots sur Instagram.

    • cosyjungle

      Je n’arrête pas de lui dire ! Elle a un vrai talent mais son humilité joue encore contre sa démarche… j’y trvaaille, car ça vaut le coup d’œil ! Merci pour elle 😉

  • Céline

    Quel plaisir de lire cette interview et ce joli parcours, je suis tellement tentée de me mettre au tricot, j’adore ce coté régulier des mailles, c’est mon coté maniaque je suppose, hihi. Chloé m’a commandé un gilet en coton depuis l’année dernière, j’ai recommencé 2 fois et j’ai arrêté. Il faut que je m’y remette. Merci Candice pour ce partage car ton blog alimente cette petite flamme que l’on peut avoir en nous et que l’on ose pas écouter

    • cosyjungle

      Oh merci Céline ! Mais oui tu as raison, il faut s’écouter sur ce sujet !! Marion en est la preuve vivante ^^ Elle ne pourra que t’encourager dans cette voie, j’en suis sûre !
      Et Chloé sera très heureuse, j’en suis certaine, de porter ce gilet fait par sa maman… avec tout son amour 🙂

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